Réponse à la lettre de la Libre Pensée 29

Publié le par Kevrenn UDB Bro Vrest Goueled Leon

Ci-après la réponse à une lettre de la Libre Pensée 29 adressée à l'ensemble des candidats aux élections législatives de juin 2007 (cf. fin message)

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Frédérique Le Nedellec                                                                                                      Anne-Marie Kervern
Candidate UDB-Frankiz Breizh                                                                                         Suppléante



Objet : La question de la laïcité

à Libre Pensée 29,« Cercle Déguignet »


Monsieur le Président


Nous avons bien reçu votre questionnaire relatif à la question de la laïcité en France. Nous choisissons d’y répondons globalement, de façon politique plutôt que technique, en regroupant vos questions par thèmes.

En préalable, nous affirmons que ce principe, inscrit dans la Constitution, est l’un des fondements de la République et que notre projet de société s’inscrit clairement dans le respect de celui-ci.

Notre candidature régionaliste et écologiste est nettement située à gauche ; républicaine, elle est attachée à la nation civique fondée sur la volonté de vivre ensemble et s’oppose à l’ethnicisation introduite dans la Constitution par la définition de la nation fondée sur l’usage exclusif d’une langue, la langue française.

* Loi de 1905, respect des libertés

Nos formations, UDB et Frankiz Breizh ont toujours affirmé leur attachement au principe de laïcité et à la loi de 1905, dite de séparation des Eglises et de l’Etat. Cette loi a été un immense facteur de liberté de conscience et de choix, en particulier dans notre région où  le pouvoir religieux a longtemps pesé sur les esprits.
Pour nous, la laïcité n’est pas une opinion, c’est  la liberté d’en avoir. Elle suppose liberté de conscience et de culte, non intervention de l’Etat dans les convictions personnelles. Dans le même ordre d’idée, la liberté d’expression (politique, philosophique, artistique) est un droit fondamental y compris quand il concerne les religions et porte sur des caricatures ou des propos «  blasphématoires ». La liberté religieuse ne doit, en aucun cas autoriser les atteintes sectaires à la liberté des personnes.
Cette liberté introduite par le principe de laïcité s’applique  aux choix de vie : droits à l’avortement, le droit de choisir de mourir dans la dignité; les débats qui ne font que commencer sur les questions de bioéthique devraient permettre de faire évoluer encore la pensée laïque sur ce sujet.
Il va de soi que les espaces publics (services publics, institutions)  et en premier lieu l’école (locaux, programmes, comportements) doivent conserver leur neutralité.

* République « une et indivisible »

Pour autant, nous ne campons pas sur une défense crispée de la République « une et indivisible ». Nous savons trop que le jacobinisme de repli a débouché sur le drame algérien, lui-même inséparable de la théorie des « races supérieures » affirmées par Jules Ferry (débats parlementaires du 28 juillet 1885).
Nous ne confondons pas la République avec la centralisation étatique, administrative et culturelle. Celle-ci a, tout au long de son histoire, été fort excluante pour les femmes, les pauvres, les colonisés et autres laissés pour compte; c’est au nom d’une paradoxale « indivisibilité » que la France a refusé d’appliquer les principes républicains en Algérie. Elle a aussi beaucoup massacré au nom de ce principe (Révolte de Sétif, révolte de Madagascar).
 République laïque, ne veut pas dire négation des différences.  Nous sommes favorables à une République plurielle qui reconnaisse ses langues régionales. Pour nous, cela passe par la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et donc par la modification de l’article 2 de la constitution (les statuts particuliers de l’Alsace, des Tom-Dom, ou autres régions  pouvant trouver leur place dans cette République plurielle).Cet article 2 pourrait être rédigé comme suit : «  La langue de la République est le français dans le respect des langues régionales ». Le bilinguisme précoce maîtrisé (français-langue régionale), est un atout pour que chaque citoyen puisse se confronter de façon autonome aux multiples différences du vaste monde.

* L’école (fonds publics)

Nous reconnaissons dans le droit français la notion de « délégation  de service public » et la notion d’ « intérêt général » s’appliquant à des organismes privés (le cas, par exemple du financement par l’Etat et les collectivités territoriales des associations d’éducation populaires de droit privé).
L’important, pour nous, est la claire définition réciproque des obligations. Le secteur privé de l’éducation doit donc être soumis à de strictes obligations de service public comme l’unité des programmes et le respect de la liberté de conscience.

* Pour une nouvelle laïcité

La notion de laïcité n’est pas, ne doit pas être figée, ce serait un bien mauvais service à lui rendre. Les mutations de notre société exigent une nouvelle laïcité plurielle et interculturelle, l’invention d’une nouvelle citoyenneté. Non que nos principes fondateurs soient dépassés ! Mais il est urgent de repenser les principes d’intégration-exclusion méritocratiques, de libérer les sincères aspirations au progrès humain du carcan rigide de l’Etat centraliste, de reconnaître que l’égalité des droits ne disqualifie pas les différences : elle les rends compatibles dans un monde de plus en plus métissé.

* Quelle mémoire ?

Faut-il réhabiliter les fusillés pour l’exemple ? Oui, nous pensons que la France doit le faire.
En effet, la mémoire collective de la grande Guerre est à double face :
-    Une mémoire officielle : elle  prolonge le thème de l’Union sacrée par le culte des morts
-    Une mémoire diffuse de l’horreur inutile : ceux qui ont dit non aux « boucheries de Nivelles », ont dit non aux passions nationalistes. Les réhabiliter est un devoir.

En conclusion, la devise européenne « L’unité dans la diversité » nous convient bien, reste évidemment à la concrétiser. Notre engagement dans cette élection va dans ce sens.

Nous vous remercions d’avoir sollicité notre avis et vous prions d’agréer l’expression de nos sincères salutations

Frédérique Le Nedellec                                                                                                        Anne-Marie Kervern
Candidate UDB-Frankiz Breizh                                                                                           Suppléante



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Brest, le 20mai 2007




Mademoiselle, Madame, Monsieur,





La loi du 9 décembre 1905 constitue le socle des libertés républicaines.
Nous vous en rappelons les deux articles fondamentaux :
Article premier – La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.
Article 2 – La République ne reconnaît, ne subventionne, ne salarie aucun culte.

Depuis plusieurs années des entorses de plus en plus graves à la loi de séparation des Églises et de l’État sont constatées par les citoyens. Lors de États généraux de défense de la laïcité, qui se sont tenus à Paris le 9 décembre 2006, les libres penseurs et les laïques de tous les départements ont constaté que 9,2 milliards d’euros de fonds publics sont détournés chaque année au profit de l’Église catholique. (voir le Livre noir des atteintes à la laïcité édité par la Fédération nationale de la Libre Pensée 10-12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 Paris )

Vous êtes candidat(e) aux élections législatives de juin 2007.

Nous, association Libre Pensée 29 – Cercle Jean-Marie Déguignet, souhaiterions connaître votre opinion sur les
questions ci-après.

Nous vous remercions par avance de vos réponses que nous ne manquerons pas de porter à la connaissance de tous les laïques et libres penseurs.
1.    Il faut mettre fin à l’ingérence des religions dans l’espace public. Êtes-vous d’accord ?
2.    Êtes-vous pour une application stricte de l’article 2 de la loi de 1905 ?
3.    Condamnez-vous toute tentative de rétablissement du délit de blasphème ?
4.    La République étant constitutionnellement une et indivisible, êtes-vous favorable à la fin des régimes concordataires dérogatoires en Alsace - Moselle et dans les DOM - TOM ?
5.    Êtes-vous d’accord pour réserver les fonds publics à la seule École publique ?
6.    Êtes-vous favorable à l’abrogation des lois anti-laïques : Falloux, Barangé, Debré, Guermeur, Lang, Jospin… ?
7.    Êtes-vous pour l’abrogation de l’article 89 de la loi du 13 août 2004 ?
Cette loi oblige les communes à contribuer aux frais de fonctionnement des établissements d’enseignement privé sous contrat installés hors du territoire de la commune mais fréquentés par des enfants de familles de la commune.
8.    Êtes-vous pour l’abrogation des lois de Pétain établies sous le régime de Vichy, (lois des 8 avril et 25 décembre 1942) ?
Ces lois ont donné aux associations cultuelles la faculté de recevoir des dons et legs et en modifiant l’art. 19 de la loi du 9 décembre 1905, permettent d’accorder des subventions aux édifices affectés au culte, même s’ils ne sont pas classés monuments historiques.
9.    Les représentants de l’État, les élus de la République, les fonctionnaires publics, astreints pendant leur service officiel à une stricte neutralité, respectent le principe de laïcité, à ce titre il faut leur interdire d’assister à toute cérémonie religieuse. Êtes-vous d’accord ?
10.    Êtes-vous favorable à une loi légalisant l’euthanasie ?
Pour nous, il ne s’agit pas de laisser mourir, mais d’aider à mourir ; Toutes les mesures de protection doivent entourer la loi, mais c’est bien de loi qu’il s’agit avec le respect de critères de minutie comme c’est le cas aux Pays-Bas ou en Belgique.
11.    Selon Le Monde du 18 août 2006, le gouvernement britannique allait demander par voie législative la réhabilitation des 306 soldats fusillés pour désertion, mutinerie ou refus de combattre pendant la guerre de 1914 - 18.
Êtes-vous prêt à déposer ou à soutenir un projet de loi décidant la réhabilitation de tous les fusillés pour l'exemple ?

Recevez, Mademoiselle, Madame, Monsieur le candidat(e), l’expression de nos meilleurs sentiments et de notre profond attachement à la laïcité de l‘École publique et de l’État.

Pour le bureau de la Libre Pensée 29, réuni le 16 mai2006

La présidente

Lucie AURIGNY

Publié dans Elections

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