Santé et retraite

Publié le par Kevrenn UDB Bro Vrest Goueled Leon


Frédérique Le Nedellec
Candidate UDB-Frankiz Breizh,
2ème circonscription de Brest

Anne-marie Kervern
Suppléante

1) Retraites

     Cette campagne électorale reflète, dans les questions posées aux candidats, les inquiétudes qui pèsent sur l’avenir aussi bien sur les jeunes en âge d’entrer dans la vie active que sur leurs aînés nouveaux ou futurs retraités. C’est la raison pour laquelle, en préalable, nous commençons par rappeler que notre priorité est l’emploi et que, par conséquent, nous ne pouvons traiter isolément le problème des retraites. Nous ne pouvons l’aborder que dans une nécessaire solidarité entre les générations, dans une solidarité entre retraités et actifs, dans une solidarité entre secteur public et secteur privé.
    Notre objectif prioritaire est de sauver durablement la répartition. Nous refusons le seul choix privilégié par le gouvernement actuel et qui risque de devenir de plus en plus radical avec une Assemblée qui serait massivement à droite : espérer s’en sortir individuellement en plaçant ses économies (quand on le peut !).
Pour cela, nous voulons :

•    Sauver la répartition comme fondement du système français, système qui, malgré ses imperfections reste l’un des meilleurs d’Europe.
•    Arrêter la dégradation continue du taux de remplacement de manière que ne soient pas pénalisés les plus modestes en priorité. Nous pensons qu’aucune pension ne doit être inférieure au Smic net, celui-ci étant un revenu « de besoin ». Nous nous opposerons à tout retour d’une réforme de type « Balladur » qui programmait  d’ici à 2020 un minimum de pension à 70% du Smic net. Cependant, nous nous prononçons pour un régime de remplacement différencié : celui-ci, à hauteur de 85% devant contribuer à revaloriser les revenus les plus bas.
•    Garantir le départ à la retraite avant 60 ans à taux plein des salariés aux carrières longues (ceux qui ont commencé à travailler à 14 et 15 ans).
•    Réintégrer une partie des primes (à hauteur de 50% minimum)des fonctionnaires dans le calcul de la retraite (celles-ci pouvant être gérées par une caisse complémentaire conservant le principe de répartition).
•    Reconnaître, non la pénibilité du travail qui est une donnée trop subjective, mais les taux de mortalité précoce, d’accidents, d’invalidité, ceci, pour plus d’équité, dans le privé comme dans le public. Nous approuvons toute négociation interprofessionnelle destinée à identifier sur des critères objectifs les métiers pénibles ou dangereux.
•    Moduler des départs plus tardifs pour les métiers dans lesquels la fatigue physique et mentale est moins évidente ; en cas de prolongation de l’activité, nous souhaitons que les pensions soient majorées.
•    Indexer l’évolution des pensions sur l’évolution des prix
•    Faire en sorte que les orientations ne soient pas figées, mais évolutives et modifiables : ceci ne peut se faire que si on développe de manière volontariste les négociations régulières avec les partenaires sociaux.
•    Conserver le calcul de la pension sur les 6 derniers mois d’activité.

2) Fiscalité

    Nous sommes favorables au prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu car il permet de relier plus étroitement les variations de l’impôt et celles des revenus, parce que ce mode de prélèvement évite le décalage actuel d’un an, parce qu’il nécessite moins de personnel et permet donc de faire des économies sur le budget de l’Etat. Ces économies doivent pour nous être affectées aux secteurs publics déficitaires.
La mise en place d’un tel système exige que soient traitées les questions de confidentialité, que  les charges du tiers payeur (l’employeur) ne soient pas alourdies sans dédommagement. Nous sommes vigilants sur le fait que ce mode de prélèvement est considéré comme « indolore » et peut, par conséquent, être à l’origine de dérives et d’augmentations d’impôts insidieuses.

3) Protection sociale

    Rappelons les principes auxquels nous sommes attachés :

•    Egalité d’accès aux soins garantis à tous
•    Qualité des soins
•    Solidarité (chacun doit contribuer à l’assurance en fonction de ses moyens, mais en bénéficier en fonction de ses besoins)

La réforme de l’assurance maladie comporte plusieurs dispositions auxquelles nous sommes favorables dans la mesure où leur objectif affiché est de soigner mieux en dépensant mieux. Reste à faire passer cela dans les faits : Le passage par un médecin référent et le dossier médical personnel, regroupant les soins prodigués dans le respect de la confidentialité doivent contribuer à la coordination et à la continuité des soins sous le contrôle du patient concerné.
Cependant, la nouvelle loi sur l’assurance maladie pénalise de manière choquante les personnes âgées et les personnes aux faibles revenus, catégories parmi lesquelles les femmes sont les plus fragilisées.
En effet, les tarifs médicaux sont devenus d’une complexité déroutante, défavorable aux usagers les plus fragiles et à ceux qui vivent dans des zones au choix limité. Nous demandons un meilleur contrôle de ces tarifs et la garantie d’une pluralité de choix sur les territoires, en particulier les territoires ruraux à faible concentration médicale.
La participation forfaitaire de 1€ non remboursable dont sont exonérés les mineurs et les bénéficiaires de la CMU est injuste pour les personnes titulaires du minimum vieillesse qui n’est que de 15% au dessus du seuil de la CMU. Celles-ci doivent en être exonérées car l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé n’excède pas le quart du coût de cette
complémentaire. Par ailleurs, rien ne garantit que, la « franchise » étant adoptée, elle n’augmentera pas de manière insupportable dans les années à venir. C’est donc sur son principe avant tout que nous voulons réagir.
    L’augmentation du taux de la  CSG qui passe de 6,2% à 6,6% pénalise aussi les retraités et la compensation prévue crée une nouvelle inégalité en prévoyant que les retraités pourront déduire cette hausse de 0,4% de leurs revenus.  Notre engagement est de rétablir l’équité dans ce domaine.

4) Prévention,

    Elle doit être au cœur du dispositif de promotion de la santé et conçue, développée dans le cadre d’un service de santé régionalisé.
Nous pensons qu’un renforcement de la prévention doit passer prioritairement par la formation des personnels de santé plus enclins à traiter les maladies qu’à développer la prévention.
Pour nous, la prévention doit commencer par l’information et le suivi de la femme enceinte, puis être organisées de manière coordonnée à tous les stades de développement de l’enfant et du jeune : médecine scolaire et universitaire dotés de moyens renforcés. Nous sommes favorables à l’instauration d’une « carte santé » pour les jeunes de 16 à 25 ans car cet âge, intermédiaire entre le suivi scolaire et le suivi de la médecine du travail est aussi l’âge des conduites à risques.
Nous demandons que la prévention soit gérée au plus près des besoins et du terrain dans le cadre d’une véritable régionalisation.
Pour une politique de santé durable, prévention de la santé doivent aller de pair avec protection de l’environnement/ nous représentons un courant régionaliste et écologiste qui  réclame un service régionalisé de l’eau, refuse les OGM et soutient une agriculture de qualité (soutien à la filière bio) respectueuse de la santé du consommateur.
Le financement d’une politique ambitieuse de prévention doit combiner la participation de l’Etat et des collectivités territoriales avec la participation des assureurs, les taxes sur les flux financiers, les taxes sur le tabac et l’alcool qui devraient être transférées en totalité à la prévention.

5) Autonomie

En ce qui concerne les retraités nous sommes particulièrement soucieux de développer les réseaux de téléalarme, les réseaux gérontologiques aux interventions rapides et adaptées, le soutien aux personnes âgées en perte d’autonomie ou dépendantes (habitat adapté, soutien à domicile, accueil médicalisé).
Cependant, l’évolution démographique est telle que nous sommes conscients des coûts que cela va impliquer dans les années à venir, et nous souhaitons éviter une impasse prévisible. Les collectivité qui gèrent actuellement l’APA vont rapidement se trouver en difficulté quand elles ne le sont pas déjà, par le transfert de charges non accompagné du transfert de ressources.
La prise en charge de la dépendance est multiple et complexe
•    soins médicaux (assurance maladie)
•    hébergement (collectivités locales, caisses de retraites, assurances privées)
•    aide quotidienne (services à domicile, familles)
Nous sommes favorables à une prise en charge globale et solidaire, cependant celle-ci risque d’alourdir encore le poids des prélèvements obligatoires et des cotisations sociales. C’est la raison pour laquelle nous nous appuyons sur le secteur de l’économie sociale dont les associations, actives au niveau local recèlent des ressources d’imagination dans l’invention de solutions alternatives.
    Par ailleurs, en Bretagne où les solidarités familiales sont encore très vivantes, le soutien aux personnes âgées dépendantes repose essentiellement sur les femmes qui sont elles-mêmes les plus fragilisées économiquement: nous demandons une reconnaissance de ce travail d’intérêt collectif (indemnité et crédit d’impôt).

Publié dans Elections

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jean appriou 23/03/2008 16:16

Accorder la pension de réversion à tous les couples c'est à dire aussi aux couples de même sexe