Entretien avec Michèle Casu

Publié le par Kevrenn UDB Bro Vrest Goueled Leon

mcasu La participation à la vie politique, quelle que soit son échelle, passe par une connaissance préalable de l'environnement institutionnel pertinent. Les interviews présentées sur ce blog ont pour objectif de présenter différents acteurs/institutions-clés du pays de Brest et du Bas-Léon.

     Michèle Casu, responsable du Bureau Information de Brest: "Les jeunes ont envie d'aller de l'avant!"


    Quels sont les services que vous proposez aux jeunes?

    MC  : Nous avons une convention avec la Ville de Brest qui précise que nous mettons à la disposition des jeunes de l'information et de la  documentation sur tous les sujets les concernant: métier, formation, loisirs, vie quotidienne, santé, logement, sport, étranger… Il y a deux niveaux dans notre politique d'information.

1- favoriser un accès public à l'information, pour que les jeunes pratiquent l'auto-documentation. Sur certains sujets par ailleurs, il y a un accompagnement individualisé, comme la création d'une association, l'établissement d'un curriculum vitae, ou la question du travail à l'étranger. Notre philosophie, consiste à  permettre aux jeunes d'avoir des informations, pour pouvoir être autonome. L'information est un droit, et notre accueil doit être anonyme, gratuit et impartial.
2- susciter et initier des productions documentaires là où nous ressentons des besoins : contraception-sexualité, guide des étudiants étrangers , ce qui suppose un travail avec de nombreux partenaires.

    Quelle image avez vous de la jeunesse brestoise?  

    M.C. De par notre situation en centre ville, à côté des facultés, notre public est majoritairement  celui des étudiants, et surtout des étudiantes. Les jeunes des quartiers périphériques viennent moins, c'est pourquoi nous travaillons en réseau avec des relais (services municipaux , structures d'insertion, le dispositif du Développement Social Urbain) pour organiser des visites de nos services et des campagnes d'information sur un sujet précis: contraception, sida, etc…

        Quelle image avons nous des jeunes? De personnes déçues du système scolaire, qui recherchent autre chose. Mais ces jeunes ont envie d'aller de l'avant, et il s'agit de leur redonner confiance en eux, parce qu’ils se sentent désorientés hors du système scolaire. Notre rôle est de leur ouvrir des perspectives. La lutte contre l'échec scolaire ou la recherche d’emploi  passe par la recherche de solutions qu'ils ne soupçonnent souvent même pas. Nous avons ici une image assez positive d'une jeunesse volontaire, qui cherche à prendre les moyens de son autonomie. Et nous, nous produisons de l'information pour que les jeunes s'approprient la connaissance du monde. Nous voulons être une chance pour les jeunes, pour qu'ils se débrouillent par eux mêmes, sans être assistés. Nous ne voulons pas être des mentors par qui tout devrait passer!

    Quelle signification a le multiculturalisme pour le Bureau Information Jeunesse?

    M.C. Le multiculturalisme c'est d'abord développer les programmes européens de la jeunesse, pour susciter des échanges avec les jeunes des autres pays. C'est extrêmement enrichissant pour prendre du recul par rapport à sa propre vie .Un membre de notre équipe suit actuellement une formation afin de démultiplier les actions dans cette direction, et faire partir un maximum de jeunes.

    Par ailleurs, nous menons des actions en faveur des étudiants étrangers, avec la publication d'un guide à leur intention. Les Chinois représentant la communauté étrangère la plus importante, il y a le projet d'éditer ce même guide en chinois. Voilà une action où nous avons répondu aux préoccupations d'une catégorie de la jeunesse qui était en grande difficulté.
    
    Par exemple, nous avons travaillé avec les services de santé universitaires sur les questions de contraception auprès des étudiantes, en particulier sénégalaises et chinoises. Les incompréhensions et les difficultés d'interprétation des réaction des étudiantes, en particulier chinoises, furent levées dès lors qu'une meilleure compréhension de la culture de ces pays put expliquer leur attitude .

    Quelle interprétation fait le Bureau Information Jeunesse des émeutes des banlieues?

    M.C. Il faut relativiser l'ampleur du phénomène car le nombre de jeunes concernés par des actes de violences si marquants est très peu important quant au nombre de jeunes en totalité. Il y a cependant une inquiétude par rapport au non-respect des règles en société. Pour ces jeunes de 14 à 17 ans, il y a une réelle perte des repères sociaux, à la suite d'une situation d'enfermement et d'échec scolaire. Ce qui révèle l'incapacité du système français à intégrer ses jeunes, dont on se méfie. Il y a en corollaire le rejet des personnes âgées, ou des seniors au travail dont l'expérience pourrait grandement servir la société. C'est une politique de l'échec depuis trop longtemps, et la société française me donne le sentiment de bloquer là où d’autres pays européens ont su innover…

Pour en savoir plus sur le Bureau Information Jeunesse de Brest, cliquez ici.

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