"LE BRETON EN 6 MOIS" au cinéma l'Image (Plougastell) le 18 mars 2006

Publié le par Kevrenn UDB Bro Vrest Goueled Leon

Le cinéma Image à Plougastel, dans le cadre des 15èmes RENCONTRES CINEMATOGRAPHIQUES DE L'IMAGE, présente le film:

"BREZHONEG E 6 MIZ' - "LE BRETON EN 6 MOIS"
en breton et français, sous-titré en français
en présence du réalisateur Ronan Hirrien
 
Prix du meilleur film 2005, attibué par le service des émissions en langue bretonne de France 3 nominé dans le cadre du Festival des films et télévisons celtiques du 27 au 30 mars 2006 à Falmouth (Cronouailles anglaises)
 
samedi 17 mars 2006 à 18 H 00
à Plougastell - cinéma l'Image
 
contact : Cinémathèque l'Image - 02 98 04 22 79 ou 02 98 40 30 79 - www.imagecinema.org
              Sked - 02 98 80 26 71 - www.sked.infini.fr



Présentation du film:

Brezhoneg e 6 miz
Teulfilm / Breizh / 2005 / 52 vunud

Sevenet gant Ronan Hirrien / Produiñ : Kalanna production, evit France 3 Ouest.

1añ a viz Here 2003, e maner Keranden e Landerne, kentañ devezh ar stummadur hir e brezhoneg kinniget gant Stumdi. 35 a dud deuet a zo o sellet an eil ouzh egile kurius, lod a seblant bezañ nervus awalc’h. O dervezh distro-skol eo. War-lerc’h ur stummadur puilh a 6 mizvezh, 35 eurvezh bep sizhun, hag a-drugarez d’ar brezhoneg, o deus fiziañs da gaout ul labour e brezhoneg.Heuliañ a ra ar film pemp stajiad, dezho personelezhioù, orinoù, ha c’hoantoù a-bep seurt. En tu all d’o c’hoant da labourat e brezhoneg, emaint amañ evit un afer a santimant. Ezhomm zo, a-benn deskiñ ur yezh ken disheñvel hag ar brezhoneg e vo dav dezho poaniañ hardiz, savet ha skoliataet m’int bet e galleg. Klask a reont implij ar brezhoneg e-maez ar c’hentelioù, cheñch a ra o sell war ar bed brezhoneg a-wechoù. Dre ma teskont brezhoneg e vezont cheñchet int-i o-unan ivez.
 
 
Le breton en 6 mois                                 
Documentaire / Bretagne / 2005 / 52 min

Réalisé par Ronan Hirrien / Production : Kalanna production, pour France 3 Ouest
1er octobre 2003, au manoir de Keranden à Landerneau, premier jour de la formation longue de breton de Stumdi. 35 adultes se jettent des regards curieux, des sourires sympathiques, certains semblent nerveux. C’est leur rentrée scolaire. A l’issue d’une formation intensive de 6 mois au rythme de 35 heures par semaine, et grâce au breton, ils espèrent obtenir un emploi.
Le film suit cinq stagiaires aux personnalités, aux origines et aux motivations diverses. Au-delà de leur motivation professionnelle, leur engagement est fortement affectif. Il le faut, apprendre une langue aussi différente que le breton nécessite un effort important pour des adultes élevés et scolarisés en français. Ils s’emploient à utiliser le breton à l’extérieur des cours, leur idée du « monde » bretonnant évolue parfois. L’apprentissage du breton les change.
 
 
Interview de Ronan Hirrien
 
"Apprendre le breton, un engagement fortement affectif"

J’ai moi-même décidé d’apprendre le breton à l’âge adulte, il y a 14 ans, en cour du soir, auprès de mes grands-parents, de ma mère, et à la fac. Depuis je n’ai cessé de m’entendre demander «Comment tu as appris le breton ? ». Cette question m’a été adressée par tout le monde : des bretonnants, des non-bretonnants, des Bretons, des non-Bretons, des bretonnants de naissance, des néo-bretonnants, des jeunes, des anciens …
Lorsque je commençais à apprendre le breton, moi-même je le posais aussi aux autres jeunes apprenants. Puis, je me suis lassé d’entendre cette sempiternelle question. Je me suis lassé de raconter mon histoire, lassé de reviser, de reconstruire mon histoire de bretonnant, lassé de rechercher les origines de cette envie, lassé de rechercher des explications, lassé de chercher un sens, une cohérence à mon récit de « devenu bretonnant ».
Pourtant, si tant de gens m’ont posé et me posent encore cette question, s’ils la posent à d’autres jeunes bretonnants, c’est bien qu’être jeune et parler breton ne vas de soi aujourd’hui. Autour de 1950, la majorité des parents de Basse-Bretagne ont cessé d’élever leurs enfants en breton. En 2003, seul 1% des enfants bretons suit une scolarité bilingue français-breton. Alors la question semble inévitable : pourquoi vouloir, à l’âge adulte, apprendre le breton ?
 

Etre jeune et parler breton ne va pas de soi aujourd’hui
 
« Pourquoi vouloir, à l’âge adulte, apprendre le breton ? »

Je me suis également moi-même posé la question pour le gallois, J’ai en effet suivi une formation intensive pour adultes pendant huit semaines, et je me suis alors rendu compte du potentiel dramatique que présentait une telle formation : des adultes de tous âges, de toutes origines géographiques et sociales, de différents tempéraments, réunis dans un même lieu avec le même objectif, apprendre autant de gallois qu’ils le peuvent en deux mois. A mon retour du Pays de Galles, j’ai contacté l’organisme Stumdi qui propose des stages de 6 mois pour adultes avec un enjeu supplémentaire à celui d’apprendre le breton, en faire sa langue de travail. Mon idée était de réaliser un film qui présente un film qui présente des apprenants du breton au moment où ils sont le plus investis dans cet apprentissage, au moment où les questions de pourquoi et comment apprendre le breton sont bien loin de les ennuyer.
 
Présentation du film « Brezhoneg e 6 miz », «Le breton en 6 mois » :

« le breton en 6 mois » est un film de 52’. Il met en scène cinq apprenants. Les cinq stagiaires ne rentrent pas en scène au même moment, et ils n’occupent pas tous la même place et ne jouent pas systématiquement tous sur la même scène au même moment .
Les 5 personnages principaux ont été choisis le premier jour de tournage et de formation sur un total de 35 stagiaires en fonction de leurs connaissances en breton avant la formation, de leur âge, de leur origine sociale, de leur origine géographique, de leur(s) motivation(s) initiale(s), de leur éventuel choix de stage professionnel et de leurs éventuelles relations en breton.
 
Daniel a 35 ans. Il a pour seul examen un baccalauréat obtenu en 1987 ; Il était chauffeur déménageur et vient d’être licencié économique. Il joue de la grosse caisse au Bagad Landerne, et chante pour le cercle celtique. Il veut travailler en breton, et ce faisant sans doute aussi changer de statut social, passer d’une profession manuelle à une profession intellectuellle. Il est plein d’enthousiasme, d’un optimisme extraordinaire, très confiant.
 
Marie-José a 52 ans.  Elle parle déjà un peu breton. Elle est de landéda dans le Léon. Elle était agent immobilier, mais ce travail l’a fatiguée. En recherche d’emploi, elle aimerait devenir institutrice en breton, un vieux rêve. Sa mère ne comprends pas son projet professionnel. En formation à Stumdi, Marie-Jo retrouve la convivialité de son enfance. Elle a la nostalgie d’un autrefois où les gens étaient plus proches, s’entraidaient davantage. Elle travaille, elle est méritante. Pourtant elle manque de confiance en elle, elle a des difficultés en grammaire, elle craint de ne pas trouver  de travail à l’issue de la formation.
 
Marie a 21 ans. Elle vient d’obtenir une licence de psychologie. Originaire de Saint-Goazec, en Centre-Bretagne, elle chante en Kan-ha-Diskan, tout comme son père. Elle veut devenir institutrice. Elle entend le breton partout autour d’elle en centre Finistère, dans sa famille, dans les festoù-noz …. Elle veut être de ce paysage, y particper pleinement, intégrer sa communauté.
 
Charline a 40 ans. Elle ne connaît pas le breton. Elle est originaire de Normandie, et elle a choisi de venir vivre en Bretagne avec son mari mayennais et ses deux enfants. Titulaire d’une licence de lettres, elle a déjà enseigné. Elle souhaite parler breton en famille. Elle lit des livres en breton à ses enfants. Elle est en quête d’une identité forte à construire. Le breton semble être comme un Eden, mais le chemin pour y parvenir est douloureux.
 
Matthieu a 22 ans. Il est frais émoulu de l’université de Princeton. Il est canadien de l’île de Vancouver, fils d’un canadien et d’une bretonne, originaire de Saint-Derrien dans le Léon. Il aimerait faire connaître la culture bretonnante aux Etats-Unis et au Canada, par des travaux universitaires ou des traductions. Matthieu semble complètement investi dans ses études. Il analyse parfaitement bien sa situation d’apprenant, et le processus d’apprentissage du breton. Il porte un regard distancié sur cette expérience, du fait de son origine, de ses études, et de son flegme.
 
L’apprentissage du breton change t-il ces cinq adultes en formation ?

Très tôt les stagiaires s’emploient à utiliser le breton à l’extérieur des cours. Au-delà des difficultés linguistiques à surmonter, leur démarche volontaire n’est pas toujours comprise ou encouragée, parfois même dans leur propre famille. L’idée qu’ont les apprenants de la pratique sociale du breton évolue parfois aussi . Ils entrevoient l’usage qu’ils pourraient faire de cette langue jamais aussi peu parlée qu’aujourd’hui.

Publié dans Langue bretonne

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